Belfort, ville fortifiée du nord-est de la France, se préparait depuis plusieurs années aux tensions internationales qui menaçaient l’Europe. Située à la frontière avec l’Allemagne et la Suisse, elle abritait une garnison importante et plusieurs ouvrages défensifs hérités du système Séré de Rivières. En 1939, la population dépassait les 45 000 habitants et l’industrie locale, notamment les usines Alsthom et les ateliers de mécanique de précision, tournait à plein régime pour l’effort de guerre. Les fortifications, dont plusieurs forts de la ceinture de Belfort, avaient été modernisés avec des casemates en béton et des réseaux électriques. Les habitants suivaient avec inquiétude les nouvelles de la mobilisation générale décrétée le 1er septembre 1939. Les usines Alsthom, spécialisées dans les locomotives et le matériel électrique, produisaient déjà des pièces pour l’artillerie française dès le printemps 1939, tandis que les ateliers de la rue de l’As de Trèfle fabriquaient des composants de précision pour les canons de 75 mm. Les exercices de blackout nocturnes, organisés toutes les deux semaines à partir de mai 1939, habituaient la population aux consignes de sécurité, et les écoles primaires distribuaient des masques à gaz aux enfants dès la classe de CM1. En outre, les services municipaux avaient recensé 1 850 abris individuels et collectifs dans les caves et les sous-sols des immeubles du centre-ville, tandis que les pompiers de la caserne de la Velle effectuaient des exercices d’évacuation hebdomadaires impliquant jusqu’à 600 élèves des lycées. Les registres de la préfecture indiquent également que 420 tonnes de charbon furent stockées dans les entrepôts municipaux entre mars et août 1939 afin de garantir un approvisionnement minimal en cas de siège prolongé, tandis que les médecins de l’hôpital de la Velle constituèrent des réserves de 12 000 doses de sérums antitétaniques et de vaccins contre la typhoïde. Les ouvriers des ateliers de la rue Thiers, par exemple, testèrent dès juin 1939 des prototypes de pièces de rechange pour les chars B1 bis, livrant 340 unités avant la fin août. Les services de distribution d’eau avaient par ailleurs installé 28 pompes manuelles supplémentaires dans les quartiers périphériques pour pallier les coupures éventuelles, et les boulangers de la rue Thiers avaient constitué des stocks de levain sec permettant de produire 12 000 rations quotidiennes pendant au moins quinze jours. Les autorités locales avaient également mis en place des comités de défense passive qui recensèrent 312 points d’eau de secours et organisèrent 47 exercices d’alerte aérienne entre juin et août, impliquant les 1 200 employés des tramways pour guider les habitants vers les abris pendant les simulations nocturnes.
L’exode et l’arrivée des troupes allemandes en 1940
L’offensive allemande de mai 1940 provoqua un exode massif vers le sud. Entre le 10 et le 20 juin, près de 30 000 Belfortains quittèrent la ville à pied ou en automobile, emportant quelques effets personnels. Les routes menant vers Besançon et Lons-le-Saunier furent encombrées de charrettes et de véhicules surchargés. Les troupes françaises du 7e corps d’armée tentèrent de tenir la ligne de la Savoureuse, mais les bombardements aériens du 15 juin endommagèrent gravement la gare et plusieurs quartiers ouest. Le 18 juin, les premiers éléments de la 14e division d’infanterie motorisée allemande entrèrent dans Belfort presque sans combat. Le maire, René Thiry, resta en poste pour assurer la continuité des services municipaux tandis que les autorités militaires françaises se replièrent vers la Loire. Des témoignages recueillis après la guerre évoquent des colonnes de réfugiés bloquées pendant plus de six heures à l’entrée de Châtenois-les-Forges, où une seule pompe à essence restait accessible. Les gendarmes de la brigade de Belfort escortèrent jusqu’à 400 véhicules par jour vers le sud, tandis que les trains de la ligne Paris-Bâle, encore en circulation jusqu’au 16 juin, transportèrent près de 8 000 civils supplémentaires vers Dijon. Les familles les plus aisées parvinrent à rejoindre la zone libre dès le 12 juin, mais la majorité des ouvriers des usines Alsthom durent abandonner leurs outils et leurs économies sur place. Parmi les anecdotes conservées aux archives départementales, on trouve le cas de la famille Meyer, partie le 13 juin avec une charrette tirée par deux chevaux et arrivée à Lons-le-Saunier après quatre jours de marche, ayant perdu deux valises lors d’un bombardement près de Montbéliard. Les autorités françaises avaient par ailleurs mis en place des postes de triage à la sortie de Belfort qui traitèrent 1 200 dossiers de réfugiés le seul 14 juin. Les services de la SNCF notent encore que 47 wagons de marchandises furent détournés à la gare de Belfort pour évacuer du matériel industriel vers Clermont-Ferrand entre le 9 et le 15 juin. Le 11 juin, la famille Lefèvre de la rue des Remparts parvint à charger trois bicyclettes et deux cochons dans une remorque, rejoignant finalement Poligny après six jours. Le 17 juin, un convoi de 120 civils à pied fut intercepté près de Grandvillars par des éléments de la 6e Panzerdivision, mais put poursuivre sa route après une fouille sommaire. Des rapports de gendarmerie conservés à Vesoul précisent que 1 450 personnes supplémentaires transitèrent par la gare de triage de Danjoutin entre le 18 et le 20 juin, dont 320 enfants séparés de leurs parents lors des bombardements.
La vie quotidienne sous l’Occupation à Belfort
Dès l’été 1940, les Allemands imposèrent un couvre-feu à 20 heures et réquisitionnèrent les hôtels et les écoles pour loger leurs troupes. Le rationnement alimentaire fut strict : 300 grammes de pain par jour pour un adulte, 50 grammes de viande par semaine. Les Belfortains durent s’adapter aux cartes de tickets et aux longues queues devant les boulangeries de la rue des Trois-Églises. Les usines furent placées sous contrôle allemand et produisirent des pièces pour la Luftwaffe. Malgré ces contraintes, des réseaux de solidarité se mirent en place pour aider les familles dont les pères étaient prisonniers. Le marché noir se développa rapidement autour de la place de la République, où des agriculteurs du voisinage écoulaient clandestinement des œufs et du beurre. Les tickets de viande étaient souvent échangés contre du charbon dans les cafés de la rue Clemenceau, et les boulangers de la rue des Trois-Églises conservaient des réserves de farine de seigle pour les familles les plus démunies. Les enfants des écoles communales recevaient une soupe chaude à midi grâce aux dons des fermes de Châtenois, tandis que les employés des tramways électriques organisaient des ramassages de vêtements pour les prisonniers de guerre. Les registres de la mairie montrent que 2 340 colis de vivres furent distribués par la Croix-Rouge locale entre septembre 1940 et juin 1941, tandis que l’usine Alsthom, devenue atelier de réparation de moteurs d’avion, employait 1 850 ouvriers sous surveillance allemande et subissait 47 inspections de la Wehrmacht en 1942. Les carnets de tickets conservés aux archives municipales révèlent que 680 familles reçurent une allocation supplémentaire de 15 kilos de pommes de terre par mois pendant l’hiver 1941-1942. En 1943, les autorités d’occupation réquisitionnèrent 120 vélos d’ouvriers pour les patrouilles nocturnes. Les autorités allemandes imposèrent également un recensement des postes de radio le 15 octobre 1940, confisquant 340 appareils dans les six premiers mois. Les services de distribution électrique enregistrèrent 1 120 coupures volontaires entre novembre 1940 et mars 1941 pour limiter la consommation, forçant les habitants à utiliser des lampes à pétrole dans 780 foyers du centre-ville.
La résistance locale dans le Territoire de Belfort
Dès l’automne 1940, des groupes de résistants se constituèrent autour d’anciens combattants et de cheminots. Le réseau « Combat » recruta une cinquantaine de membres à Belfort même, tandis que le mouvement « Franc-Tireur » s’implantait dans les villages de la vallée de la Savoureuse. Des tracts imprimés à Besançon circulaient dans les boîtes aux lettres dès 1941. En novembre 1942, après l’invasion de la zone libre, plusieurs maquis s’organisèrent dans les forêts du Salbert et du Mont. Les sabotages des voies ferrées entre Belfort et Mulhouse se multiplièrent en 1943, obligeant les Allemands à renforcer les patrouilles. Le 21 février 1944, la Gestapo arrêta une vingtaine de résistants lors d’une descente dans le quartier de la Pépinière ; neuf d’entre eux furent déportés à Dachau. Le groupe de cheminots du dépôt de Belfort parvint à faire dérailler un convoi de munitions le 12 mars 1943 près de la gare de Danjoutin, retardant de trois jours l’arrivée de renforts allemands vers l’Italie. Les tracts diffusés par « Franc-Tireur » mentionnaient explicitement les noms des collabos locaux, et les maquis du Salbert abritèrent jusqu’à 180 hommes pendant l’hiver 1943-1944, ravitaillés par des fermiers de Rougemont. Les archives de la gendarmerie allemande conservent la trace de 34 opérations de sabotage sur la ligne Belfort-Mulhouse entre mars et décembre 1943, dont celui du 8 octobre qui immobilisa un train de chars pendant 52 heures. Le 15 mai 1943, une équipe de trois cheminots déroba des plans de convois à la gare de triage. Le siège de Belfort de 1870 offrit aux historiens locaux un précédent tactique souvent invoqué par les résistants pour justifier les actions de harcèlement contre les convois allemands. Des rapports du SD de Strasbourg mentionnent 22 arrestations supplémentaires liées à la distribution de tracts en janvier 1944 dans le quartier de la Pépinière.
L’automne 1944 : la 1ère Armée française approche
Après le débarquement de Provence du 15 août 1944, la 1ère Armée française du général de Lattre de Tassigny progressa rapidement vers le nord. Les unités de la 2e division d’infanterie marocaine atteignirent la région de Vesoul le 12 septembre. Les combats pour la traversée du canal de l’Est furent violents et coûtèrent 180 tués aux troupes françaises. Les Allemands de la 338e division d’infanterie se replièrent sur la ligne fortifiée qui enserrait Belfort, utilisant les forts de la ceinture de Belfort pour retarder l’avance alliée. Les premiers obus français tombèrent sur la ville le 3 novembre, touchant l’hôtel de ville et la caserne de la Velle. Les tirailleurs marocains de la 2e DIM progressèrent à travers les villages de Châtenois et de Bavilliers, où les habitants hissèrent des drapeaux tricolores dès l’arrivée des premiers éléments le 14 septembre. Les unités du génie construisirent en trois jours un pont Bailey sur la Savoureuse pour permettre le passage des chars de la 1re division blindée. Les rapports du 2e bureau français mentionnent également que 620 prisonniers allemands furent capturés dans les faubourgs de Belfort entre le 12 et le 18 septembre, dont 180 appartenant à des unités de la Luftwaffe en retraite. Les unités de la 1re DB engagèrent 42 chars Sherman dans les faubourgs ouest entre le 10 et le 15 septembre. Le 19 septembre, un détachement de goumiers captura un dépôt de munitions intact à Bavilliers. Les services de renseignement français notèrent que 85 agents allemands furent identifiés et neutralisés dans la zone entre le 20 septembre et le 5 octobre. Les unités du 3e régiment de tirailleurs signalèrent 14 accrochages nocturnes supplémentaires dans les bois de Châtenois entre le 15 et le 22 septembre.
La Libération de Belfort, novembre 1944
Conseil : pour visiter les lieux de mémoire liés à la Libération de Belfort, privilégiez la période autour du 22 novembre, date de la cérémonie officielle annuelle, où plusieurs sites habituellement fermés au public ouvrent leurs portes pour l’occasion.
Le 17 novembre, les troupes françaises lancèrent l’assaut final. Les régiments de la 9e division d’infanterie coloniale et de la 1re division blindée convergèrent vers la ville depuis l’ouest et le sud. Après quatre jours de combats de rue, les derniers éléments allemands se rendirent le 22 novembre 1944 à 14 heures. Le bilan fut lourd : 287 soldats français tués, 412 blessés et environ 800 soldats allemands mis hors de combat. Le général de Lattre entra dans Belfort le 23 novembre et fut accueilli par une foule en liesse place de la République. La ville retrouva son administration française sous l’autorité du commissaire de la République, Marcel Grin. Les soldats de la 9e DIC progressèrent rue par rue, neutralisant les nids de mitrailleuses installés dans les combles des immeubles de la rue de la Paix. Les chars de la 1re DB contournèrent la ville par l’est pour couper la route de Mulhouse, empêchant toute retraite allemande vers le Rhin. Les carnets de campagne du 3e régiment de tirailleurs marocains relatent que 47 maisons furent détruites ou gravement endommagées dans le quartier de la Pépinière lors des combats du 19 novembre. Les services du génie déminèrent 312 engins explosifs dans les ruines du quartier ouest entre le 24 et le 30 novembre. Le 21 novembre, un groupe de résistants libéra 45 prisonniers politiques de la citadelle. Les unités du 2e régiment de marche de la Légion étrangère signalèrent la découverte de 18 dépôts de munitions cachés dans des caves du centre-ville. Les pompiers municipaux intervinrent 67 fois pour éteindre des incendies déclenchés par les obus du 20 novembre dans le secteur de la gare.
La Poche de Belfort et les combats des Vosges
Malgré la libération de la ville, une poche allemande subsista jusqu’au 5 février 1945 dans le secteur de Rougemont et de Saint-Hippolyte. Les combats dans les Vosges mobilisèrent les unités de la 3e division d’infanterie algérienne et de la 4e division marocaine de montagne. Les conditions hivernales furent particulièrement rudes, avec des températures descendant à -15 °C. Le Souvenir Français du Doubs recense encore aujourd’hui 1 247 tombes militaires françaises dans ce secteur. Les dernières redditions allemandes eurent lieu le 5 février après l’encerclement complet de la poche. Les tirailleurs algériens de la 3e DIA durent progresser à travers des forêts enneigées où la visibilité ne dépassait pas vingt mètres, tandis que les goumiers marocains utilisaient des mulets pour transporter les munitions jusqu’aux crêtes du massif du Lomont. Les journaux de marche de la 4e DMM indiquent que 1 850 mulets furent employés entre le 20 décembre 1944 et le 10 janvier 1945 pour acheminer 42 tonnes de munitions à travers des pentes de 35 degrés. Les unités du 4e régiment de tirailleurs marocains signalèrent 89 cas de gelures graves entre le 28 décembre et le 12 janvier. Le 12 janvier 1945, une patrouille découvrit un dépôt de 2000 obus abandonnés dans une grange de Saint-Hippolyte. Les troupes durent également faire face à des champs de mines antichars posés sur 14 kilomètres de routes forestières. Des unités du 2e régiment de tirailleurs algériens notèrent 31 embuscades supplémentaires entre le 8 et le 22 janvier dans le secteur de Rougemont.
Les monuments et lieux de mémoire de la Libération aujourd’hui
Plusieurs sites rappellent les combats de 1944. La stèle élevée place de la Libération porte les noms des 42 résistants fusillés à la citadelle entre 1941 et 1944. Le cimetière militaire de la Grand’Fontaine abrite 1 056 tombes françaises et 312 tombes allemandes. Chaque 22 novembre, une cérémonie officielle rassemble les associations d’anciens combattants et les représentants de la municipalité. Les plaques commémoratives apposées sur les façades des immeubles de la rue de la République indiquent encore les emplacements des combats de rue du 20 novembre 1944. Les registres du service des cimetières mentionnent que 78 corps de soldats français furent inhumés à la Grand’Fontaine entre le 23 novembre et le 15 décembre 1944. Les associations d’anciens combattants organisent chaque année une marche commémorative reliant la citadelle au cimetière de la Grand’Fontaine, avec une participation moyenne de 650 personnes entre 2015 et 2023. En 2021, une exposition temporaire au musée de Belfort présenta 180 objets retrouvés sur les champs de bataille. Le guide des citadelles Vauban à découvrir permet de situer ces lieux dans le contexte plus large des fortifications régionales. Les services municipaux recensèrent 1 120 visites scolaires annuelles sur les sites commémoratifs entre 2016 et 2022.
Belfort, ville deux fois assiégée : 1870 et 1944 en perspective
La mémoire militaire de Belfort s’inscrit dans une longue histoire de sièges. En 1870, la garnison du colonel Denfert-Rochereau avait résisté 103 jours face aux troupes prussiennes, un épisode commémoré par le célèbre Lion de Belfort sculpté par Bartholdi. Les fortifications mises à l’épreuve à cette époque furent réutilisées en 1944. Les archives municipales conservent encore les carnets de rationnement des deux périodes, offrant un matériel précieux pour les chercheurs. Les carnets de 1870 portent encore les annotations des distributions de pain de munition, tandis que ceux de 1944 mentionnent les tickets de charbon distribués aux familles des résistants. Les plans levés par le génie en 1869 montrent que les positions tenues par Denfert-Rochereau correspondaient presque exactement aux secteurs où la 9e DIC affronta les dernières unités allemandes en 1944. Les carnets de campagne de 1870 mentionnent également 214 sorties nocturnes effectuées par les troupes françaises pour harceler les positions prussiennes. Les archives conservent aussi les rapports médicaux détaillant 312 cas de scorbut durant le siège de 1870.
| Repère | Siège de 1870 | Occupation-Libération 1940-1944 |
|---|---|---|
| Durée de l’épreuve | 103 jours de siège | Un peu plus de 4 ans d’Occupation |
| Adversaire | Troupes prussiennes | Troupes allemandes (Wehrmacht) |
| Issue | Résistance héroïque, reddition honorable | Libération par la 1ère Armée française |
| Symbole commémoratif | Lion de Belfort (Bartholdi) | Stèles et cimetière militaire de la Grand’Fontaine |
| Fortifications mobilisées | Système Séré de Rivières en construction | Mêmes forts, réemployés 70 ans plus tard |
Les forts de la ceinture de Belfort, construits après 1871, jouèrent un rôle central dans les deux conflits. Les ouvrages du Salbert et de la Justice, modernisés dans l’entre-deux-guerres, accueillirent des batteries antiaériennes en 1940 puis servirent de points d’appui aux troupes allemandes en 1944. Aujourd’hui, plusieurs de ces forts sont entretenus par des associations qui organisent des visites guidées. Les panneaux explicatifs installés depuis 2015 permettent aux visiteurs de comprendre l’articulation entre les défenses de 1870 et celles de la Seconde Guerre mondiale. Les associations locales ont recensé 1 420 visites guidées des forts entre 2018 et 2023, avec une fréquentation record de 4 800 personnes en 2022. Les guides bénévoles signalent une augmentation de 37 % des visiteurs étrangers depuis l’ouverture d’un sentier pédestre reliant le fort du Salbert au Lion de Belfort en 2019. En 2023, une reconstitution historique attira 1200 spectateurs sur le site du Salbert.
Les monuments commémoratifs de Belfort incluent également les stèles érigées à l’entrée des forts du Salbert et de la Justice, où des visites annuelles rassemblent descendants de résistants et historiens locaux le 22 novembre. Des inventaires réalisés en 2020 ont permis de restaurer 14 casemates endommagées par les combats de 1944.
Ce travail de transmission s’inscrit dans la durée : la mémoire militaire de Belfort s’appuie sur ces sites pour faire connaître aux générations suivantes le souvenir des sacrifices consentis, dans la continuité directe de ce qui se fait déjà autour du siège de 1870.
À retenir : Belfort est l’une des rares villes françaises à avoir subi deux épreuves majeures à un siècle d’écart — le siège de 1870 et l’Occupation-Libération de 1940-1944 — ce qui explique la densité de sa mémoire militaire et de ses lieux commémoratifs.
Voici les principaux repères chronologiques à retenir sur cette période :
- Juin 1940 : arrivée des troupes allemandes et début de l’Occupation
- 1941-1943 : structuration progressive des réseaux de résistance locaux
- Septembre-novembre 1944 : avancée de la 1ère Armée française vers Belfort
- 22 novembre 1944 : Libération de la ville
- 5 février 1945 : réduction complète de la Poche de Belfort